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Yes we Cannes ! J'adore Cannes, ce défilé de tenues somptueuses, découvrir de nouveaux réalisateurs et acteurs, l'ambiance festive. Cette année, comme l'année dernière mon bout de chou ne m'a pas permis de partir. Je réduis les voyages et malheureusement je n'avais personne de confiance qui pouvait garder Henry 48h (et le papa n'est pas prêt encore à s'en occuper seul aussi longtemps). 
Et oui, la vie de femme n'est pas de tout repos et faites de sacrifices... 

Mais même de Paris, j'ai pu découvrir de belles égéries en tenue de princesses, mes préférées : 
Elsa Hosk avec ses airs de Marilyn, Louise Bourgoin, Cate Blanchet en Giorgio Armani pour n'en citer que quelques unes.

Néanmoins, je dois avouer que ces quelques jours entre le festival et les ponts de Mai, ont vidé Paris... et cela m'a fait du bien. En toute transparence, je me pose beaucoup de questions en ce moment. Je vois les choses si différemment, et je dois avouer que je me lasse un peu de mon environnement actuel (comme dans tous les métiers, il y a des hauts et des bas). 

Il y a beaucoup de triche, de faux semblants, cela fait partie du jeu... mais à force de gonfler les communautés, likes, commentaires, de s'inventer des personnalités... on n'en vient à s'en demander la vérité. Personne n'est vraiment tout blanc, il existe tellement de petites façons de se mettre en avant. Des robots qui s'ajoutent puis qu'on n'enlève pas vraiment... des groupes qui s'aident, une copine qu'on recommande pour une opé... Même les influencers testent, testent les limites, découvrent, se cherchent... 

Mais force est de constater que le jeu est truqué, c'est un cercle vicieux entre nouveaux métiers, manque parfois de compétences des marques, des petits secrets d'agences, d'amitiés opportunistes... mais dans tout ça... avoir une communauté de 30k semblent petite. On en perd nos repères. On manque de réalisme et recul. On ne recherche plus les passionnés : de mode, de food, de voyage...

En tant que marketeuse de profession, je crois en la micro-influence, en l'influence niche, aux univers qui se démarquent des autres. A l'influence des it-girls, qui ont leur carte à jouer aussi... mais peu se posent encore les bonnes questions : quelle est la communauté? l'âge? la provenance? Parisienne? Provinces? Etrangers? CSP +? Millenial? l'univers correspond? 
Choisir un artiste, comme l'a fait Gucci récemment, influencer artiste, quoi de plus beau. Ces gens ordinaires qui se transforment en leader d'opinion grâce à leur talent. N'est ce pas le but recherché après tout? Rêver? Etre transporter? 

Les campagnes sont faites pour faire des campagnes point, sans essayer de comprendre pourquoi, et au final, elles n'engendrent pas les résultats espérés. Une marque déçue pour un projet non abouti... A qui la faute? Aux mensonges? A la course aux followers? A ne pas savoir s'il faut tricher pour pouvoir sortir son épingle du jeu... car tellement le font? Pointer du doigt certaines agences peu scrupuleuses? Aux marques qui par manquent de temps, budget, skills sur le sujet, n'embauchent pas les bonnes personnes... cherchent le buzz à tout prix, s'inspirent trop du voisin? Trop peu qui ne prennent pas le sujet au sérieux? Tout est encore si nébuleux. Un logiciel a récemment vu le jour, permettant de noter les influencers en terme de "marketing digital". J'ai alors recherché des profils internationaux qui me faisaient rêver, des filles avec des 1 millions de followers, des filles que j'adore, habillées par les plus grandes marques, aux premiers rangs des défilés... pour découvrir que même ces filles là mentent. Une que j'adore n'a que 500k vrais followers - qui est énorme! mais elle a acheté 500k supplémentaires. Quelle déception, quel dommage! Cela n'enlève pas les 500k personnes qui la suivent et c'est déjà une communauté énorme... alors pourquoi? La pression? L'appât du gain? 

Avoir une vraie communauté qualifiée et engagée de 10, 20, 30k n'est pas si petit... quelles sont les audiences des magazines Print aujourd'hui? 30 000 lecteurs? Les webzines explosent tout...

Par manque de temps, à l'affût des campagnes, par demande d'inflluencers avec des minimums de 100, 200k... même si l'engagement ne suit clairement pas, et que les followers ont l'air Russe plutôt qu'Européen - tout le monde y perd. Certaines se brulent les ailes prêtes à tout risquer pour quelques followers de plus, gâchant tout le travail qu'elles/ils ont fait depuis si longtemps.

J'accuse ce chien qui se mord la queue, dans un tourbillon infernal de profils qui se ressemblent, comment faire la part des choses quand le digital change à une allure telle qu'un nouvel outil a peut être vu le jour au moment même où j'écris ces quelques lignes.

J'attends les experts, je me languis de revoir les passionnés faire surface. Devant et derrière les écrans. Des filles comme Esther que j'ai rencontré lors de la soirée BOURJOIS, une perle de gentillesse, qui fait son Instagram pour son plaisir, pour la beauté des choses, sans y gagner un centime, à part parfois quelques belles expériences de vie, de belles rencontres humaines. Les Esther de ce monde virtuel se font rares, écrasés par des nouveaux standards : il faut plus, plus de like, plus d'abonnées. Qu'importe que l'algorithme d'Instagram change et ne permet qu'à peu de grandir aujourd'hui... Que les photos ne sont plus montrées qu'à 10% de notre communauté, car l'exposition se monétise... Il faut du chiffre!

La pression monte, cette course infernale... on s'y perd tous, et malgré ma lassitude qui saura disparaitre en quelques jours (comme dans tous les métiers, il y a toujours des remises en question): j'attends avec impatience la suite! Les experts de ce métier menés par leur passion, qui tout en voulant créer des campagnes avec de belles marques, créer du beau, du rêve:  arrivent enfin à se laisser un peu aller. Laisser la créativité s'exprimer, un peu de plus spontanéité tout en respectant leur ADN, codes et patrimoines. Car la relation Marque/Influencer doit se baser sur la confiance, le donnant-donnant, des univers qui se ressemblent dans la différence. Car l'Influence marche! L'Influence cartonne, quant on connait son sujet. Arrêter de choisir un influencer à grosse communauté qui, in fine, ne correspond pas, à qui par conséquent on essaye d'imposer un discours avec un brief créatif très contrôlé, qui sonne faux...et pour au final ne faire qu'un flop (que les marques ne remarquent peut être pas grâce aux faux commentaires et likes - mais des logiciels existent pour tout cela). Il faut arrêter la mentalité "business as usual". Chercher le bon profil, s'il a des millions d'abonnés tant mieux, et sinon tant pis, car la campagne sera tout de même plus fructueuse qu'avec un mauvais casting.

Donner leur chance aux influencers même les micros, à tout ceux qui créent du beau, pour qu'ils puissent s'épanouir aussi. Qu'ils puissent faire ce qui les inspirent, ce "petit je ne sais quoi" que l'on recherche après tout. Ce petit je ne sais quoi qui emporte.

Qu'en pensez vous?

XOXO,
Amélia



Photos : @Lea Mai



1 commentaire

  1. tu devrais diriger une marque, ou une agence! tu as tellement raison sur tout. Je suis stagiaire en agence et ma patronne n'y connait rien! Claire

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